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De Constance Daniel et Blerina Kolgeci
Du bassin olympique de São Paulo aux couloirs des organisations sportives internationales : le parcours de Sergio Conte est celui d’un homme qui n’a jamais eu peur de se réinventer. Ingénieur civil de formation, consultant, nageur de niveau national, il est aujourd’hui Head of Knowledge Hub au Global Observatory for Gender Equality & Sport. Retour sur une trajectoire hors du commun, et sur le rôle qu’a joué la mesure Syni d’Emploi Lausanne dans ce dernier chapitre.
Est-ce que tu pourrais nous parler de ton parcours, de tes études au Brésil jusqu’à aujourd’hui ?
Du bassin olympique de São Paulo aux couloirs des organisations sportives internationales : le parcours de Sergio Conte est celui d’un homme qui n’a jamais eu peur de se réinventer. Ingénieur civil de formation, consultant, nageur de niveau national, il est aujourd’hui Head of Knowledge Hub au Global Observatory for Gender Equality & Sport. Retour sur une trajectoire hors du commun, et sur le rôle qu’a joué la mesure Syni d’Emploi Lausanne dans ce dernier chapitre.
Je suis brésilien-italien, mais je suis né et j’ai grandi au Brésil. Je possède un diplôme d’ingénieur civil acquis à São Paulo, mais après l’université j’ai enchaîné avec un MBA (Master of Business Administration) et j’ai travaillé huit ans en tant que business consultant et project manager, jamais en tant qu’ingénieur. En parallèle, j’ai aussi été un athlète, un nageur brésilien de niveau national élite.
En 2016, j’ai trouvé un poste dans le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques de Rio. Quand je suis rentré à São Paulo, je n’étais plus la même personne, je savais qu’à partir de maintenant je voulais travailler dans le milieu du sport. J’ai alors découvert qu’il existait un master spécialisé dans le sport, soutenu par le Comité International Olympique ici, à Lausanne. J’ai été accepté en 2017 et je suis arrivé pour suivre ce master et changer de carrière.
Après ce master, j’ai travaillé pour plusieurs organisations sportives, comme l’UEFA, World Aquatics ou l’ECA, et pour des événements comme les Jeux panaméricains de Lima en 2019 ou les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Lausanne. Ces dernières années, j’ai commencé à orienter ma carrière vers l’aspect social du sport, en aidant des gens, des communautés et des pays à travers le sport, avec la gestion publique comme outil de changement.
Tu as ensuite connu une période de chômage, lors de laquelle ta conseillère t’a orienté vers la mesure Syni, spécialisée dans la coopération internationale. Comment s’est passée cette découverte ?
C’est ma conseillère chômage qui m’a présenté la mesure. Je cherchais beaucoup d’offres dans le milieu du sport et de la gestion publique, et elle m’a orienté vers la coopération internationale. À Lausanne, je suis très bien intégré dans le monde du sport, mais c’est un secteur qui reste dans « sa bulle ». L’univers de Genève, avec les Nations Unies, c’est un autre monde, donc pour moi, c’était tout nouveau.
Je me suis inscrit au programme Syni en janvier. Tous les participants avaient reçu plusieurs options de missions, mais j’ai insisté pour faire la mienne dans le milieu du sport. Cette orientation était trop niche. Il y avait peu d’opportunités pour moi. Mais quelques jours après l’atelier, Ketsana m’a appelé : « Sergio, on a trouvé une seule opportunité pour toi ! » C’était le Global Observatory for Gender Equality & Sport. J’ai eu un entretien avec la responsable et j’ai été accepté pour cette mission.

Cette mission correspondait-elle exactement à ce que tu cherchais ?
Oui, parce que cette mission est intimement liée à la partie sociale du sport. Je pense que je peux aider davantage de gens en travaillant pour la communauté. Et cette mission, c’était ça : sport et égalité des genres. Je suis gay, les questions politiques m’intéressent beaucoup, et quand on lutte pour les droits des femmes, on lutte aussi pour les droits des personnes LGBTQ+. Donc pour moi cette mission était très intéressante, d’un point de vue personnel aussi.
Syni propose une formation préalable de sept jours avant tout placement en mission, puis une vingtaine de cours à choix. Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté, sur le plan professionnel et humain ?
Les sept premiers jours étaient vraiment importants. C’était tout nouveau pour moi, ce monde de la coopération internationale, le fonctionnement des Nations Unies… Je ne savais pas comment préparer mes candidatures dans ce secteur, ni comment parler leur langue, parce que la langue du monde du sport, c’est complètement différent.
Mais l’héritage le plus important de Syni, ce qui reste vraiment, ce sont les personnes. Lors de ma session de formation, nous étions seize participants, tous un peu dans la même situation, à la recherche d’un emploi, avec des valeurs communes. On est devenu un groupe très fort, même au niveau personnel. On a un groupe WhatsApp, on se retrouve pour des événements, on fête des anniversaires… Finalement, Syni c’était un cadeau de réseau, comme un alumni, une famille. Peu importe où tu vas, il y a quelqu’un de Syni. Et sur le plan professionnel, il y a toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un. On partage nos expériences, certaines personnes sont aussi des exemples pour moi. C’était précieux, toujours axé carrière, car on partage les mêmes rêves et les mêmes valeurs professionnelles.
Dans le cadre de Syni, tu as travaillé six mois au sein du Global Observatory for Gender Equality & Sport. Peux-tu nous présenter cet organisme et tes activités ?
C’est un projet international né après 2017, sur une initiative de l’UNESCO, pour promouvoir l’égalité des genres et renforcer l’autonomisation des femmes et des jeunes filles grâce au sport. C’est un partenariat entre l’UNESCO, la Suisse et l’Université de Lausanne et c’est Lausanne, en tant que ville olympique, qui l’a accueilli.
Ma mission principale s’appelait Policies Mapping : cartographier toutes les politiques et stratégies de protection des femmes dans le sport qui existent dans chaque pays du monde, qu’il s’agisse de l’égalité des salaires, de la santé ou des sports régionaux. C’est très intéressant car on découvre que des pays comme le Botswana, les îles Fidji ou l’Uruguay ont des programmes remarquables, chaque pays propose des choses incroyables en fonction de ses valeurs et de sa culture.
Est-ce que les formations Syni t’ont aidé dans cette mission ?
Syni m’a surtout aidé à comprendre le concept de coopération internationale, à la fois politique et délicat, car la coopération entre différents pays au niveau gouvernemental ne marche parfois pas très vite. Syni m’a montré pour la première fois ce style de travail que je ne connaissais pas du tout.
Tout au long de cette mesure, tu as été accompagné par une conseillère en insertion de Syni et une superviseure au Global Observatory for Gender Equality & Sport, l’organisme dans lequel tu effectuais cette mission, comment as-tu vécu ce suivi ?
Le suivi de Syni et du chômage a été très précieux. Je me suis senti respecté, ils ont fait l’effort de comprendre mes besoins et m’ont encouragé à poursuivre dans cette voie. Je me suis senti respecté en tant que personne et en tant que professionnel. Je suis très reconnaissant pour cette opportunité : Syni, si vous avez besoin de moi pour quoi que ce soit, comptez sur moi !

« Toutes les étoiles se sont alignées. C’est précieux, vraiment. »
Sergio Conte
À la suite de cette mission, tu as décroché un contrat de trois ans dans ce même organisme, félicitations ! Tu peux nous présenter ton nouveau poste ?
Merci. Je me suis intégré très vite et le Global Observatory for Gender Equality & Sport avait encore besoin de beaucoup d’aide. Mon titre, c’est Head of Knowledge Hub. La plateforme dont je suis responsable a pour objectif de répertorier toutes les connaissances, ressources et formations dans le domaine de l’égalité des genres dans le sport, pour les rendre accessibles à tous les États membres et organisations sportives. J’ai déjà deux ou trois personnes sous ma responsabilité. J’ai commencé il y a cinq mois, mais j’ai l’impression que ça fait dix ans, ça a bien marché des deux côtés.

C’est un aboutissement pour toi, d’avoir trouvé ce travail à l’intersection du sport et des valeurs qui te tiennent à cœur ?
Exactement. J’avais déjà travaillé indirectement à promouvoir l’égalité des genres chez World Aquatics, mais là j’y travaille directement, et c’est un sujet passionnant pour moi. Toutes les étoiles se sont alignées, c’est précieux, vraiment.
Pour finir, est-ce que tu recommanderais Syni à quelqu’un qui se trouve dans la même situation que toi il y a six mois ?
Oui, mais pas à n’importe qui. Je recommanderais Syni à des personnes qui veulent vraiment travailler dans la coopération internationale, avec ses dimensions gouvernementales, publiques et sociales. Pour des personnes très orientées secteur privé, dont l’objectif principal est financier, je ne pense pas que Syni soit la bonne voie. Mais pour ceux qui partagent ces valeurs, ce sont les valeurs partagées qui font tout. Tout le monde veut changer les choses et se changer soi. Et ça, ça unit.
Le parcours de Sergio illustre ce que la mesure Syni peut offrir : un pont vers un nouvel univers professionnel, une communauté de valeurs et, parfois, une trajectoire qui se transforme durablement.
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Programme
Crédits
Ivana Mikulic
Jessica Gashi
Alejandro Toro Menadas
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