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Temps de lecture : 6 minutes

Formatrice de français à Emploi Lausanne, Sophie Albertolli accompagne des personnes non francophones dans leur parcours d’insertion professionnelle. À travers des cours ancrés dans les réalités du monde du travail et de la vie quotidienne, elle les aide à développer leurs compétences linguistiques, tout en renforçant leur confiance et leur autonomie.

« Maîtriser une langue, c’est avoir le pouvoir de s’exprimer, de comprendre et d’agir. En fin de compte, c’est être libre. Aider les participants à acquérir cette maîtrise est au cœur de mon engagement. »

Sophie Albertolli, Formatrice de Français

À qui s’adressent vos cours ?

Les cours de français proposés par Emploi Lausanne s’adressent à des personnes non francophones engagées dans une démarche d’insertion professionnelle. J’accompagne des participants aux parcours variés, marqués par des expériences professionnelles et personnelles très différentes. Ce qui les rassemble, c’est leur motivation à avancer et à construire la suite de leur parcours, en acquérant des compétences linguistiques concrètes, immédiatement mobilisables dans leur quotidien, leurs démarches administratives et leur projet professionnel.

Quel est l’objectif de la formation de français proposée à Emploi Lausanne ?

L’objectif est de fournir aux participants des outils pratiques leur permettant de gagner en autonomie dans leur vie professionnelle et quotidienne. La formation contribue à renforcer leurs compétences linguistiques, leur communication et leur capacité à agir efficacement dans des situations concrètes. Elle favorise également le développement de compétences transversales essentielles dans le monde du travail, tout en renforçant la confiance en soi des participants.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai quitté le Tessin pour étudier la philosophie et le français langue étrangère à l’Université de Lausanne. Après l’obtention de mon master en Lettres, une première expérience dans l’insertion socioprofessionnelle à l’OSEO m’a fait découvrir la formation d’adultes avec des personnes issues de la migration et m’a permis de comprendre que c’était dans ce domaine que je souhaitais m’investir. C’est un travail qui a beaucoup de sens pour moi.

Votre propre rapport au français influence-t-il votre manière d’enseigner ?

Oui. Même si je parle français depuis l’enfance, l’italien reste ma langue principale. Je connais donc les difficultés que l’on peut rencontrer lorsqu’on cherche ses mots ou lorsqu’on ne parvient pas à exprimer exactement sa pensée. Cette expérience nourrit ma manière d’accompagner les participants. Pour moi, apprendre une langue, c’est gagner en liberté et en capacité d’agir.

Un rôle sur mesure, au service de chaque participant

Qu’est-ce qui distingue vos ateliers d’un cours de langue dit plus classique ?

Il s’agit d’un enseignement FLI (français langue d’intégration), loin de l’enseignement magistral traditionnel. Les apprentissages sont toujours reliés à des situations concrètes, notamment du quotidien professionnel des participants : comprendre une consigne, échanger avec des collègues, préparer un entretien, rédiger un message ou effectuer une démarche. Les objectifs communicatifs que je définis dans mes cours restent flexibles et peuvent être ajustés en fonction des besoins immédiats de chacun. L’important, c’est que chaque participant puisse réutiliser rapidement ce qu’il apprend.

Comment décririez-vous votre rôle ?

Je suis formatrice, mais aussi animatrice et facilitatrice. Mon rôle consiste à créer un environnement où chacun se sent suffisamment en confiance pour participer, essayer et progresser.

Comment se passe le premier contact avec un nouveau participant ?

La priorité est que la personne se sente accueillie. Certaines d’entre elles arrivent avec beaucoup d’appréhension ou n’osent pas prendre la parole. J’essaie de créer un cadre rassurant où l’erreur est considérée comme une étape normale de l’apprentissage. Voir une personne s’exprimer avec assurance après quelques semaines est toujours une grande satisfaction.

À quoi ressemble votre quotidien ?

L’animation des ateliers occupe une place importante de mon activité, mais le métier va bien au-delà. Je conçois et prépare les séquences pédagogiques, j’adapte les supports aux besoins des participants, j’effectue des évaluations et des bilans, je développe de nouveaux outils et je collabore avec les autres équipes d’Emploi Lausanne afin d’assurer un accompagnement cohérent et adapté.

Vous accompagnez des profils très différents. Qu’est-ce que cela implique ?

Cela demande beaucoup de souplesse, de patience et d’écoute. Chaque personne arrive avec son histoire, ses ressources et ses besoins. J’essaie de valoriser cette diversité et de faire du groupe une richesse.

Vous travaillez également avec un formateur de numérique et calcul professionnels.
Que vous apporte ce binôme ?

Cette collaboration est très précieuse. Ensemble, nous proposons des activités proches de la réalité du terrain. Les compétences numériques, le calcul professionnel et la communication sont souvent liées dans les démarches de réinsertion professionnelle. Grâce à la complémentarité de nos connaissances et de nos rôles, nous offrons une formation de base complète.

Quelles sont les qualités essentielles dans votre métier ?

L’écoute, la patience et la capacité d’adaptation sont des qualités indispensables. L’humour a également sa place car il contribue à instaurer un climat de confiance et de détente propice aux apprentissages. La créativité aussi est essentielle pour concevoir des séquences pédagogiques variées, stimulantes et agréables, qui favorisent l’engagement des participants.

Comment observez-vous les progrès des participants ?

Les progrès ne se mesurent pas uniquement à travers le niveau linguistique. Je les vois aussi et surtout lorsqu’une personne gagne en assurance, ose poser une question, prendre la parole ou entreprendre une démarche qu’elle n’aurait pas osé faire auparavant. Ces évolutions sont souvent très significatives.

Avez-vous vécu un moment particulièrement marquant ?

Récemment, j’ai proposé un exercice autour du passé composé dans lequel les participants retraçaient leur parcours de vie. À la fin de l’activité, une participante m’a expliqué que cet exercice lui avait permis de prendre conscience du chemin parcouru malgré les difficultés rencontrées. Son témoignage a profondément touché l’ensemble du groupe.

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Sophie Albertolli, Formatrice de Français à Emploi Lausanne

Un accompagnement connecté à la réalité

Qu’est-ce qui distingue Emploi Lausanne ?

La collaboration entre les différents professionnels : les échanges avec les conseillers en insertion et les encadrants permettent d’avoir une vision globale des besoins et des ressources de chaque participant. Cet accompagnement coordonné favorise des progrès durables.

Quels outils et projets vous enthousiasment aujourd’hui ?

Le développement de la plateforme dclics.ch, en collaboration avec l’équipe 5D, ouvre de nouvelles perspectives en mettant à disposition un outil que les participants peuvent utiliser aussi bien pendant les cours qu’en dehors, afin de poursuivre leur apprentissage de manière autonome. Grâce à cette collaboration, la plateforme est devenue particulièrement esthétique, intuitive et agréable à utiliser. Les retours des participants montrent qu’ils prennent beaucoup de plaisir à s’en servir. Par ailleurs, le récent rapprochement entre les formations de base et les ateliers professionnels constitue une évolution particulièrement stimulante. Cette dynamique favorise le développement d’activités toujours plus proches des situations concrètes et des réalités auxquelles les participants sont confrontés, renforçant ainsi la pertinence et l’ancrage pratique des apprentissages.

Comment voyez-vous l’évolution de votre rôle ?

Mon rôle reste centré sur l’accompagnement, mais il évolue avec les nouveaux projets et les besoins des participants. Ce qui demeure essentiel pour moi, c’est l’envie d’aider les personnes à avancer.

Que diriez-vous à une personne qui arrive à Emploi Lausanne qui doute d’elle-même ?

Je lui dirais de se laisser du temps et de ne pas se décourager. Les parcours sont parfois complexes et les progrès ne sont pas toujours visibles immédiatement. Pourtant, j’ai souvent vu des situations évoluer de manière très positive. L’essentiel est de continuer à avancer, étape après étape, et de croire en ses propres ressources.

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Sophie Albertolli, entourée de ses participants

Prendre la parole, gagner en confiance : trois participants du cours de français professionnel partagent leurs parcours inspirants

« Quand je suis arrivée en Suisse il y a deux ans et demi, le français était difficile pour moi. Aujourd’hui, j’écris beaucoup plus facilement et j’espère bientôt parler la langue avec aisance. » Fatih

« Il y a six mois, j’avais un niveau A1-A2 en français. Mais je n’osais pas parler. Grâce aux cours et au soutien de mon enseignante, j’ai gagné en confiance. J’ai même pu présenter en français une application informatique que j’ai développée pour améliorer la gestion des stocks de Quai 14. C’était un sujet très technique, mais j’ai réussi à le rendre clair et accessible pour le public comme pour la direction. » Ziyan

« Les cours m’ont donné confiance pour pratiquer le français au quotidien. Même si la grammaire reste un défi, je vois mes progrès chaque jour. » Ahmad


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Programme

Emploi Lausanne

Crédits

Ivana Mikulic

Jessica Gashi

Alejandro Toro Menadas


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